La communauté franco-albertaine doit être plus visible

J’ai vécu une grande pointe de fierté lundi le 1er juillet… Je dois admettre que ce feeling était surprenant, vu que je suis souvent enseveli au fin fonds des marasmes de mon quotidien. Une pointe de fierté éveillée à la vue d’un petit contingent de francophones dans le cadre du défilé annuel de la Fête du Canada à Sherwood Park, en banlieue d’Edmonton. Malgré la pluie qui venait de commencer, les drapeaux franco-albertains flottaient au vent, les sourires étaient radieux, les voix fortes, et la fierté était palpable…  Organisée par la Société des parents de l’École Claudette-et-Denis-Tardif de Sherwood Park, de concert avec quelques intervenants communautaires, cette présence francophone au sein du défilé avait attiré une bonne cinquantaine de fiers marcheurs francophones : des élèves de l’école et leurs parents, évidemment, mais aussi des membres de la communauté créant ainsi une belle visibilité applaudie par de nombreux spectateurs…                    

Visibilité lors de la parade à Sherwood Park (Photo: Tanya Saumure)

Cette pointe de fierté m’a laissé perplexe et a engendré chez moi une profonde réflexion – oui, cela m’arrive, même que cela m’arrive trop souvent. Des défilés/parades, je m’en tape sérieusement plusieurs par année à Edmonton, à Calgary, à Leduc, et chez moi à Beaumont… Pourtant les pointes de fierté sont rares. La communauté francophone brille par son absence dans les défilés en Alberta… La communauté francophone en Alberta avec ses valeurs de diversité, d’ouverture, d’innovation et de solidarité devrait, selon moi, être mise en évidence dans chaque défilé d’importance à l’échelle de la province. Notre francophonie se doit de profiter de tous les moyens à sa disposition pour rayonner…

Somalie, Philippines, Trinité-et-Tobago… Pourquoi pas nous ?

Dans les défilés du Stampede à Calgary et celui du K-days d’Edmonton, les diverses communautés culturelles profitent de cette occasion pour augmenter leur niveau de visibilité. Les communautés de pays tels que Trinité-et-Tobago, la Somalie, les Philippines et bien d’autres arborent fièrement leurs drapeaux et leurs costumes nationaux afin de se faire connaitre et apprécier. La francophonie, elle, est absente…

Inutile de me marteler la tête avec la sempiternelle explication : nous ne sommes pas une communauté culturelle, nous sommes une communauté de langue officielle… Fair enough, I get it. Je suis entièrement d’accord. Toutefois, cela devrait-il limiter la visibilité de notre francophonie ?

Une bonne amie, Suzanne de Courvil Nicol, avait été grandement félicitée lorsqu’elle avait inscrit un char allégorique francophone dans le défilé du Stampede en 1994 et encore en 2012 (je le sais, j’étais sur les deux chars…). Assurer la présence d’un char allégorique dans une parade n’est pas chose facile, cela peut être aussi assez onéreux. La ville de Beaumont avait dépensé environ 35,000 $ pour construire et aménager le sien en 2017…

Char allégorique de Beaumont (Photo: Alain Bertrand)

Suite au succès de la communauté francophone de Sherwood Park, un char allégorique n’est peut-être pas vraiment absolument nécessaire. De plus, le financement pour un tel projet ne serait pas facile à trouver, les bailleurs de fonds traditionnels ne finançant pas ce genre d’activité. Il suffit d’avoir un nombre de bénévoles intéressés, quelques drapeaux, de la bonne musique…

Le rayonnement de la communauté franco-albertaine doit être visible

Puisque certains organismes ont maintenant des véhicules (Francophonie jeunesse de l’Alberta, l’ACFA régionale d’Edmonton, CANAVUA…), pourquoi ne pas les inviter à participer à hausser la visibilité de notre francophonie ? Ce serait une excellente initiative pour non seulement accroître notre visibilité mais aussi notre vitalité communautaire en tissant ou renforçant la concertation et la collaboration entre les divers organismes et intervenants francophones. La diversité culturelle grandissante de notre communauté pourrait aussi être mise à l’honneur.

La communauté franco-albertaine se doit d’être visible, c’est-à-dire non seulement d’être connue et appréciée de la majorité, mais aussi d’être perçue par un public potentiel comme vibrante et en plein rayonnement : les nouveaux arrivants francophones, les francophones de langue maternelle anglaise, les touristes francophones, etc.

J’ai hâte à ma prochaine grande pointe de fierté…

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